• Il pleut des casseroles

    Du ciel des gens d'en haut,

    Il monte des colères

    Du sol des gens d'en bas...

     

    Ils cachent leurs véroles,

    Les faux propres d'en haut,

    Pendant que nos galères

    Voguent toujours plus bas.

     

    Nos pauvres casseroles,

    Pas celles de là-haut,

    Font des soupes trop claires ;

    Le gras n'est pas en bas.

     

    Et puis, nos banderoles,

    Ils s'en moquent, là-haut,

    Pourvu que leurs salaires

    Nous retiennent en bas !

     

    Il pleut des casseroles

    Du ciel des gens d'en haut ;

    Ces tricheurs exemplaires

    Dorés tels des babas,

    Tôt ou tard, nos colères

    Deviendront leurs grabats.

     

    Non. Toutes les paroles

    Émises de là-haut 

    Ne sont pas similaires.

    Ni du même cabas.

    Mais les mauvaises glaires

    Font tousser les débats.

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  • Au clair de la Prune

     

     

    Au clair de la Prune,

    Mon ami luron,

    Murmure à sa lune

    Ton plus beau ronron

    Pour que ta chandelle

    Passe le perron

    De la citadelle

    Gardant son giron !

     

    Au clair de la Prune,

    Mon ami luron,

    Déboucle à sa lune

    Ton gros ceinturon,

    Mais surtout ne lâche

    Pas un seul juron,

    Sois doux de la hache,

    Gentil bûcheron...

     

    Car qui fait le mufle

    Avec son fleuron

    Finit Crapaud buffle

    Tout cuit, tout marron !

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  • Au vent se balançant

    J'attrape mon sourire,

    Au vent se balançant...

    Difficile à décrire,

    Le vent se balançant...

     

    J'attrape mon sourire

    Plein du soleil naissant,

    J'attrape mon sourire

    Et l'offre à ce passant

    Qui ne sait plus sourire.

     

    Mais c'est en grimaçant

    Qu'il repart, le blessant...

     

    Voilà qu'il pleut ; je songe

    Au vent se balançant.

    Voilà qu'il pleut ; je songe

    Au soleil se laissant

    Porter par un mensonge.

     

    Étais-je aussi blessant

    Quand j'étais un passant ?

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  • J'écoute dans le vent s'imposer l'air du temps

    Qui s'en va, s'en revient, tourne, tourne sa roue ;

    De la pluie au soleil, du clair au sombre, il troue

    Les voiles et les murs, presse les hésitants...

     

    Sur la scène des jours, ses couplets insistants

    Vont bon train ; quelquefois, sa musique s'enroue,

    Mais il a recruté des figures de proue

    Qui lui sont en tous lieux d'ardents représentants.

     

    Alors, les hauts-parleurs donnent corps à ses notes,

    Que tout le monde entend : les renards, les linottes,

    Les puissants, les croquants, les enfants, les parents...

     

    Ô rengaine à la mode allant de place en place,

    Ceux qui ne t'aiment pas, sont-ils intolérants ?

    Sont-ils vieux, sont-ils morts, s'ils te font la grimace ?

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  • Hilarion Clampin

     

     

    Hilarion Clampin

    Dore du mauvais pain.

    Il est à Sainte-Miche

    L'ami d'une godiche,

    Lui, piètre boulanger

    Qu'on ne va plus changer.

     

    Et ladite godiche,

    Rassise de la miche,

    S'encroûte allègrement

    La mie, en déprimant

    Au fond de la boutique

    Que personne n'astique.

     

    Hilarion Clampin

    Traîne et sent le sapin,

    Faible de la baguette,

    Rouillé de la braguette,

    Lui, piètre boulanger

    Qu'on ne va plus changer.

     

    Sa godiche d'Huguette,

    Rarement en goguette,

    Vrai tonneau sur poteaux,

    S'empiffre de gâteaux

    Au fond de la boutique

    Que personne n'astique.

     

    Hilarion Clampin,

    Qui n'a aucun copain,

    Gagne à la loterie...

    Le maire, en sa mairie,

    Dit : piètre boulanger

    Qu'on ne va plus changer,

    Quoique, par Sainte-Miche,

    Bon pigeon gras et riche...

    Je vais l'avoir !

    Je vais l'avoir !

     

    C'est alors que l'Huguette,

    D'ordinaire longuette

    À la comprenette, a

    Su flairer la cata ;

    Du fond de la boutique,

    Que personne n'astique,

    Elle a crié : partons

    Vite avec tes biftons,

    Pour l'Amérique !

    Ah... l'Amérique...

     

    Et l'hilare Clampin,

    Jetant son mauvais pain,

    De répondre : peuchère,

    Ne rêve pas, très chère !

    Il part, ton boulanger,

    Mais sans toi, pour changer !

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