• Je la veux rouge, comme

    Un coquelicot, comme

    Une cerise, comme

    Le cœur qui bat en l'Homme ;

     

    Je la veux verte, comme

    Un bourgeon d'avril, comme

    Une herbe folle, comme

    Cet espoir que je nomme ;

     

    Je la veux d'azur, comme

    La Baie des Anges, comme

    L'appel du large, comme

    Ce rêve qui m'assomme ;

     

    Je la veux rose, comme

    Le vin de l'été, comme

    La vie à la Piaf, comme

    Une aube neuve, en somme ;

     

    Et même s'il fallait

    Qu'elle soit moins jolie

    Parfois, moins vive en gris galet,

    En blanc cachet, un peu pâlie,

    Ou noire certains jours,

    Je la veux et j'y cours...

     

    C'est assez de dépendre

    De nos frilosités,

    Je la veux sans attendre,

    Ma vie à tes côtés !

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  • Briac se prend pour Dieu

     

     

    Briac n'a rien d'un moine,

    Ni d'un saint ; c'est un fou,

    Un fumeur de stramoine

    Blanc comme du tofu,

    Qui traîne, déambule,

    Au dedans de sa bulle...

     

    Briac se prend pour Dieu

    Dès lors qu'il hallucine ;

    Il me dit : toi, mon fieu,

    Celui qu'on assassine,

    Qu'on saigne sur la croix,

    Je te fais Roi des Rois !

     

    Briac se dégénère

    Sur l'autel des camés ;

    Croyant qu'on le vénère

    Parmi les bien-aimés,

    Il crie à tous : je brille !

    Et pourtant, part en vrille.

     

    Redescends parmi nous,

    Crache ta mauvaise herbe,

    Je t'implore à genoux !

    Viens fumer ma superbe !

    Viens brouter mon gazon

    Qui n'est point du poison !

    Ose Sainte-Nitouche.

     

    Briac, tel un ciel briochin,

    Postillonne un cinglant crachin

    Pour lui clouer la bouche.

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  • Soudain, la foule est une brume

    À travers laquelle on ne voit

    Qu'un monde flou qui se résume

    À un bien étrange convoi.

    Il fait froid dans ce coquillage ;

    Tous les soleils sont en voyage.

     

    Entre grisaille et courants d'air,

    Parfois, se dessine un éclair...

    Que la terre paraît immense !

    Est-ce à Roissy que tout commence ?

     

    La foule est là, mais je ne vois

    Que tes yeux remplis de silence ;

    Je cherche des bouts de ta voix

    Dans un tonnerre qui s'élance.

    Ta bouche, m'a-t-elle embrassé ?

    Ton adieu, m'a-t-il enlacé ?

     

    Est-ce à Roissy que tout s'arrête,

    Juste au ras d'une pâquerette ?

    Que la lune me paraît loin,

    Inaccessible petit point !

     

    Il ne reste plus que la foule

    Déguisée en charivari,

    Et ce long fleuve qui s'écoule

    Au fond de mon cœur sans abri.

    Si demain j'en ai le courage,

    J'irai me construire un barrage.

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  • L'Irène

     

     

    Elle est née au petit matin

    De la dernière pluie, et même,

    Friande de ton baratin

    En forme d'un vibrant je t'aime,

    La voici toute à ton honneur

    Sur ta trompe de butineur...

     

    Prends-la, prends-la pour l'Irène des sottes

    Parmi ces fleurs que partout tu suçotes...

     

    Elle a bon cœur, elle a bon goût,

    Et bien sûr se laissera faire,

    Pistil offert à ton bagou,

    Ira, ronde comme une sphère,

    Ivre au son de ton rigodon,

    Jusqu'à ton dard de faux bourdon...

     

    Prends-la, prends-la pour l'Irène des billes,

    Surtout pendant que tu la déshabilles...

     

    Sais-tu qu'elle est l'Irène d'Angleterre

    Increvable et pleine de caractère ?

    Roule-la donc, si ça peut t'exciter,

    Sa Majesté t'enverra brexiter !

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