• 15 août

    15 août

     

     

    Le ciel a la joie illisible ;

    Un nimbus ignoble l'étreint,

    Ombrageant la mer impassible.

    Et la jungle est au bout du train.

     

    C'est  injuste !  clame Annabelle,

    Lente à vouloir bannir le temps

    Des vacances – Paris rappelle

    À leurs devoirs ses habitants.

     

    Assez de jactance ! Aux valises

    Les souvenirs, l'été citrin,

    L'air salé, le goût des cerises...

    La rentrée avance son train !

     

    La règle du jeu de la liste ?

    Ne rien oublier, tout cocher

    À l'encre grise et fataliste

    D'un août prompt à s'effilocher !

     

    Fini, le jus de nonchalance,

    Au régime strict on s'astreint ;

    Du jardin des transats s'élance

    La raison, sans beaucoup d'entrain.

     

    Partout, des mines identiques,

    Qu'un même vague à l'âme mord

    Mieux que ne piquent les moustiques,

    S'en vont dériver vers le nord.

     

    Croyant effrayer, le tonnerre,

    Sûr que c'est lui qui les contraint

    À regagner leur ordinaire,

    Les assistera jusqu'au train.

     

    Ah, quelle folie, Annabelle,

    Ces bagages lourds de cadeaux

    Qui passeront à la poubelle,

    Mais c'est à chacun ses fardeaux...

     

    À moins qu'un galant charitable

    Ne la tire de ce pétrin,

    Elle devra – c'est regrettable –

    Suer pour attraper son train !

     

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