• À tout vent

    Tu l'as jeté, ton cœur,

    À tout vent... Quel dommage !

    Tu l'as jeté, ton cœur,

    Et terni ton image...

     

    À force de vouloir

    Jouer avec le diable,

    On arpente un couloir

    Sans trouver porte fiable.

     

    Tu n'avais qu'un seul cœur,

    Bien peu de vigilance ;

    Tu n'avais qu'un seul cœur,

    Cupidon s'en balance !

     

    À trop se disperser,

    Pour fuir la solitude,

    On se voit traverser

    Tout, sauf la plénitude.

     

    Tu croyais que ton cœur

    Ne pouvait pas se fendre,

    Tu croyais que ton cœur

    Saurait mieux se défendre...

     

    Au port des cœurs perdus,

    Beaucoup refont surface,

    Brisés, pliés, tordus...

    À repêcher sur place !

     

    Tu peux ravoir ton cœur

    Si tu saisis la perche,

    Tu peux ravoir ton cœur,

    Va, cours à sa recherche,

    Et ne le jette plus

    À tout vent, jamais plus !

    11706

    « Rupert, à la française »