• Berceuse au petit Pierre

    Dors,

    Puisqu'il est l'heure,

    Dors,

    La lune affleure,

    Le marchand de sable est passé,

    Il a répandu sa poussière

    D'or,

    La nuit s'élance,

    D'or

    Est le silence ;

    À présent qu'on s'est embrassé,

    Il faut éteindre la lumière.

     

    Compte les moutons, un, deux, trois...

    Comme il ne pleut plus, la bergère

    Les sort de leurs abris étroits ;

    Les vois-tu sur l'herbe légère ?

     

    Compte-les, n'en oublie aucun,

    Quand ils franchiront la barrière...

    Que dis-tu donc ! Où ça, quelqu'un ?

    Non, tu n'entends que la rivière

    Qui berce crapauds et poissons...

    Ou bien le vent dans la clairière

    Qui fredonne quelques chansons...

    Ou bien Félix sur la gouttière,

    Un écureuil dans les buissons...

    Sûrement pas une sorcière

    Qui fait la chasse aux hérissons !

    Le loup a quitté sa tanière,

    Mais craint trop les gentils garçons

    Pour les manger, mon petit Pierre...

    Ôte maintenant tes chaussons,

    Il faut éteindre la lumière.

     

    Dors,

    Puisque c'est l'heure,

    Dors,

    La lune affleure,

    Le marchand de sable a soufflé

    Plein de beaux rêves sur ta frange

    D'or,

    La nuit s'élance,

    D'or

    Est le silence,

    Te voici tout emmitouflé,

    Dors bien jusqu'à demain, mon ange.

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