• Et l'aurore se larde

    De rêves ébranlés,

    La vitre se lézarde

    De mirages gelés,

    L'arbre nu se regarde

    Dans les yeux d'un corbeau.

     

    Une noirceur opaque

    Aspire les couleurs,

    Se fixe comme laque

    Sur les cheveux des fleurs,

    La rue est une arnaque

    En forme d'escabeau...

     

    Elle monte mais mène

    Au paradis perdu

    Des lendemains d'ébène ;

    Le soleil s'est pendu

    Au cou d'une fontaine

    Arrosant son tombeau.

     

    J'ai le cœur qui se cogne

    Contre le mal d'aimer,

    L'esprit qui se renfrogne

    Et me fait blasphémer

    Face au miroir qui grogne

    Que je ne suis pas beau.

    12187


  • Rouge, comme la vie allant

    Fourmiller au tréfonds des veines ;

    Rouge, elle tire un premier plan

    Sur la comète, et les fontaines

    De l'espoir arrosent le jour

    Qui monte plus haut que sa tour.

     

    Rouge, comme cette tulipe

    Qui triomphe des avrils morts ;

    Rouge, elle s'ouvre et se défripe,

    Envoyant valser les remords

    Sur les roses de l'amnésie,

    Puis, célèbre sa frénésie.

     

    Rouge, comme ce nez de clown

    Devenu le soleil du monde ;

    Rouge, il sort d'un film, d'un cartoon,

    Pour semer du rire à la ronde,

    Éclairer les obscurités,

    Adoucir les réalités.

     

    Rouge, comme l'amour à l'heure

    Frappant à la porte du temps ;

    Rouge, il a fini d'être un leurre !

    Son appel aux cœurs hésitants,

    Dont le mien, fait de l'ombre aux larmes...

    Je me laisse prendre à tes charmes.

    11316


  • Non sur le tapis d'Aladin,

    Non plus par les ailes d'Icare

    Qu'il arrive dans le jardin,

    L'air enjoué, badin, hilare...

     

    En écartant deux arcs-en-ciel,

    Il entre, s'immisce et prend place,

    Gorgé de tout son potentiel

    Propre à narguer les saints de glace.

     

    Son habit de mai flotte au vent,

    Tandis qu'il sème à la volée

    Les graines d'un nouveau levant

    De chaque côté de l'allée.

     

    Il émerge des archipels

    D'espoirs sur l'océan de boue ;

    L'hirondelle entend ses appels,

    Et le soleil fait moins la moue.

     

    Non sur le tapis d'Aladin,

    Non plus par les ailes d'Icare

    Qu'il revient, le roi smaragdin,

    Verdir les abords de la mare,

    Mais avec le train du printemps

    Chargé de bourgeons éclatants.

    11166


  • D'or, l'étoile du berger,

    Point flottant sur la mer brune,

    D'or, les pommes du verger,

    Mais la nuit n'en montre aucune.

     

    D'or, le silence apparu

    Aux quatre coins de la plaine,

    D'or, les poissons dans le ru,

    Quand la nuit de suie est pleine.

     

    D'or, les éclats apaisants

    Filtrant de rares fenêtres,

    D'or, comme des vers luisants,

    Mais la nuit étend ses guêtres.

     

    D'or, le si fin liseré

    Bordant le livre de contes,

    D'or, l’œil du loup dans le pré,

    Quand la nuit cache des hontes.

     

    D'or, la belle au bois dormant

    Sur sa blondeur solitaire,

    D'or, le baiser du charmant,

    Mais la nuit reste un mystère.

     

    D'or, les anneaux de l'amour

    Et les roses de la noce, 

    D'or, l'aurore au point du jour,

    Quand la nuit fuit en carrosse.

     

    D'or, notre lune de miel

    Embrassant les douces heures,

    D'or, les vœux jurés au ciel,

    Mais la nuit, parfois, tu pleures...

     

    Je cueille tes larmes d'or,

    Et, le bonheur nous endort.

    11136





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique