• Crise florale

    L’amarante n’est plus si drôle

    Depuis que le souci la frôle ;

    Ensemble, ils se font du mouron

    Et, désormais, tournent en rond…

     

    L’ivraie enivre la pervenche,

    laquelle à l’ombre se retranche,

    Jette aux orties ses papillons

    Comme on lance des cotillons…

     

    La pauvre digitale, empreinte

    D’ennui, criaille sa complainte

    À ce narcisse puéril

    Qui se caresse le nombril…

     

    Le genêt pleure ses jeunettes

    Tombées au ras des pâquerettes ;

    Rose, Anémone et Camélia

    Suivent un autre galapiat…

     

    Croyant tromper sa solitude,

    La pimprenelle se dénude

    Dans un lupanar pour lupins

    Plus empressés que des lapins…

     

    La belle-de-nuit, enlaidie

    Par l’orage en rage, étudie

    Toujours son idée à la noix

    De porter un chapeau chinois

     

    Mais l’ancolie est plus futée !

    Même d’un pétale amputée,

    Elle sublime la noirceur

    D’une pensée, avec douceur.

     

    J’aimerais te conter fleurette…

    Hélas, tu pars – je le regrette –

    En fumée auprès d’un pavot

    Qui te lessive le cerveau !

     

    Aujourd'hui, la fenêtre en peine

    S’ouvre sur un monde qui traîne ;

    Tous les nuages sont en pleurs

    Et mon jardin a mal aux fleurs

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    « Phébus déchuDéculottée »