• Filles du Calvaire

    Et Pierrot demande à la lune

    D'éclairer son pas englué

    Par cette visqueuse ombre brune

    Qui lui colle à la peau du cœur...

     

    Est-il encore âme qui vive ?

    Le quartier semble dilué

    Dans une langueur adhésive

    Au goût d'une amère liqueur...

     

    Est-ce ici, la ville lumière ?

    D'où viennent ces soleils obscurs

    Qui l'ont changée en légumière

    Jusqu'au plus profond de ses murs ?

    Le Cirque d'Hiver fait la moue,

    Le Clown Bar croule sous la boue...

     

    Un fantôme, rue Amelot,

    Au rire couvert d'un voile ample,

    Noir comme un sinistre complot,

    Remonte depuis la Bastille...

     

    Il pleut de la suie et du plomb

    Le long du boulevard du Temple

    Qu'on dirait un étroit côlon

    Où Pierrot titube et boitille...

     

    Qu'est donc devenu son Paris

    Rose comme une primevère ?

    Les amours, les jupons fleuris,

    Au métro Filles du Calvaire,

    Gisent là, dans un rêve vain,

    Morts d'un excès de mauvais vin.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 3 Mars 2016 à 11:55
    jill bill

    Bonjour Fabrice, ah une station de métro ou Bénédictines, selon... Le Paris de Pierrot, il a bien triste mine, mais tes mots lui donnent une beauté, merci, douce journée, bises de JB

      • Jeudi 3 Mars 2016 à 12:38

        Bonjour Jill... Oui, cette station de métro doit son nom à la rue juste à côté, laquelle tient le sien du couvent des bénédictines qui existait par là jusqu'à la révolution...

        Pierrot, quant à lui, erre dans les parages et rumine les souvenirs d'un temps perdu... (avec hélas, sa bouteille à la main)... On écrit souvent Paris sous son angle touristique, ou historique, alors j'ai pensé écorcher un peu l'image d'Épinal... (mais ça reste la plus belle ville du monde, hein winktongue)

        Bises, très bonne journée à toi. Merci.

        FP

    2
    Jeudi 3 Mars 2016 à 15:03

    Magnifique Fabrice ! Triste mais beau. Merci.

    Bise et bon après midi.

      • Jeudi 3 Mars 2016 à 17:28

        Bonsoir Zaza. La beauté n'efface pas la tristesse, c'est vrai, et même, la tristesse peut être encore plus belle que la joie. Pierrot ne le sait sans doute plus, ça. Il suffit qu'un amour s'en soit allé pour qu'on trouve toute chose laide. 

        Merci de ta visite. Bise et bonne soirée.

        FP

    3
    Jeudi 3 Mars 2016 à 16:34

    même la plus belle ville du monde peut se laisser voiler de sombre par une âme en déroute ... N'empêche que pour moi Paris reste une fleur, la plus belle des fleurs, celle qui ensorcelle, qui donne le tournis, qui fait rêver la belgicaine que je suis ...

    amitié . 

      • Jeudi 3 Mars 2016 à 17:31

        Un rêve à portée de Thalys, Marie-Claude. Enfin, ça me va bien de dire ça à la belgicaine que tu es, moi qui n'ai encore jamais mis un pied dans ton pays, et sais-tu qu'il me fait rêver aussi ? Mais en fait, le monde entier me fait rêver... Et même la lune. Et même plus loin encore... Si seulement l'on avait une espérance de vie de cinq mille ans ! hahaha... 

        Oui, même le plus bel endroit de la terre peut ressembler à un enfer quand on y est malheureux.

        Amitié, bises.

        FP

    4
    Jeudi 3 Mars 2016 à 19:23

    Bonsoir Fabrice

    J'espère que tu vas bien

    C'est un poème bien dur et triste que tu nous proposes. Il y a des mots fort qui n'appelle pas à la réjouissance:) Mais je trouve que ça va très bien avec l'époque à laquelle nous vivons.

    Je te souhaite une très bonne soirée

    Bien amicalement

    @lain

      • Jeudi 3 Mars 2016 à 23:42

        Bonsoir @lain. Je vais bien, oui, merci de t'en soucier wink2

        Je ne saurai pas toujours expliquer d'où viennent exactement mes inspirations ni ce qui peut parfois me pousser à écrire des choses tristes alors qu'il n'y a apparemment pas de raison que je sois triste. Disons que ma vie n'est pas mon unique source d'inspiration (loin de là), c'est la meilleure explication que je peux apporter. En tout cas, ne t'inquiète pas.

        Je te souhaite un bon weekend, à bientôt. Merci encore.

        FP

    5
    Vendredi 4 Mars 2016 à 01:36

    Bonjour Fabrice

    ta réponse à zaza est vraiment très juste

    Je te souhaite un très bon vendredi

    Avec amitié

    René

      • Vendredi 4 Mars 2016 à 12:31

        Bonjour René. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé... Certains voient la vie (et la ville) en rose quand d'autres ne sont plus capables que de broyer du noir... 

        Bon vendredi à toi de même. Bises.

        FP

    6
    Vendredi 4 Mars 2016 à 06:42

    ce n'est pas que j'aime pas

    je le trouve un peu .... noir et triste

    pourtant m^me sous la pluie Paris reste Paris

    ou alors c'est le pierrot bourré ...!!!

    va savoir

    allez hop , café noir pour lui aussi

      • Vendredi 4 Mars 2016 à 12:34

        Ah ! Pierrot est aussi bourré que désespéré, alors tu penses, la beauté de Paris... (il n'en a plus rien à cirer !)... Un café noir le réchauffera mieux que la piquette ! Un pour moi aussi, s'il te plaît, tu nous rejoins pour une causette sur le trottoir - métro Fille du Calvaire ? Bises.

        FP

    7
    Vendredi 4 Mars 2016 à 07:18

    La rue Amelot, Bastille, c'est mon quartier et presque toute ma vie... mais je n'y vis plus depuis quelques mois et sincèrement cela ne me manque pas du tout. Malgré l'esthétique indéniable, au quotidien,  c'est la lumière de l'indifférence  qui y règne et tu transcris bien ce paradoxe dans ton poème... par la beauté des mots mais la tristesse du sens.
    Bonne journée à toi, bises.

      • Vendredi 4 Mars 2016 à 12:37

        Enfin, ça ne te manque pas encore, tu veux dire (c'est tout frais, quelques mois !)... Non mais, sans rire, je comprends ce que tu veux dire, d'ailleurs, j'entends de plus en plus de parisiens tenir ce type de propos, comme si leur ville avait - à leurs yeux, du moins - perdu un peu de son âme... Peut-être. Ou pas. Le temps s'en va, tu sais, "sous le pont Mirabeau coule la Seine et les amours", etc. mais comme le dit Edwige, juste au-dessus, Paris reste Paris, sauf que les yeux du malheureux n'en ont que faire, c'est sûr.

        Bises et bonne journée à toi. 

        FP

    8
    Vendredi 4 Mars 2016 à 08:15

    Bonjour,

    Merci de m'avoir fait voyager dans Paris.

    Du coup je m'y suis plongé avec Google Maps et suis allé de découverte en découverte.

    Il y a même un resto tibétain.

    Pierrot devait être bien triste car le quartier est loin d'être celui qu'il dépeint.

    Bonne journée

     

     

      • Vendredi 4 Mars 2016 à 12:40

        Bonjour Rafaël... Oui c'est un quartier que j'affectionne tout particulièrement, j'y ai travaillé pendant des années, habité non loin... Si tu n'as pas encore goûté à la cuisine tibétaine, je te la conseille !!! 

        La vision de Pierrot est moins une référence qu'un ressenti négatif lié à son état... 

        Bon vendredi de même. Et merci.

        FP

    9
    Vendredi 4 Mars 2016 à 08:17

    C'est très beau, et même émouvant. Merci, Fabrice.

      • Vendredi 4 Mars 2016 à 12:43

        Bonjour Loïc... Ce n'est pas une histoire vraie (ce serait mentir que de le prétendre) mais je me suis appuyé (chut, c'est un secret ! lol) quand même sur des bribes de vécu... Ce serait difficile de t'expliquer, et d'ailleurs inutile. Merci à toi, en tout cas. 

        FP

    10
    Vendredi 4 Mars 2016 à 13:48

    Coucou Fabrice,

    Paris restera Paris pour les touristes mais, à mon avis, c'est partout pareil!!!

    Derrière les lumières de la ville, les paillettes, la poudre il y a des hommes et des femmes qui ne demandent qu'à vivre et qui se moquent bien de l'image propre et nette de leur ville qui sourit devant l'objectif alors qu'eux pleurent leur tristesse dans un coin de désespoir.

    Paris restera Paris!!!

    Gros bisous Fabrice et belle journée à toi

     

      • Dimanche 6 Mars 2016 à 19:22

        Bonsoir Patricia, je partage complètement ton point de vue. Paris restera Paris, dans l'absolu, mais qu'est-ce qu'une ville, si belle soit-elle, pour un cœur à marée basse ? Bien peu de chose. Quand rien ne va, on voit tout en noir, la tristesse (la vraie, la profonde) est susceptible de déformer la perception de ce qui est autour.

        J'ai un peu décroché le nez des écrans ce weekend, loin de Paris (hihihi), du coup, je suis un peu en retard dans mes réponses (et mes visites). J'espère que cette semaine s'est bien terminée de ton côté. 

        Bisous, bonne soirée.

        FP

    11
    Vendredi 4 Mars 2016 à 18:54

    suis passée lire tes deux derniers articles Fabrice , les commentaires et tes réponses

    j'ai pas trop la tête en ce moment à écrire.....suis fatiguée

    mais je viens te souhaiter un bon week end

     

    bisous

    ps: j'aimerais écrire aussi bien que toi

      • Dimanche 6 Mars 2016 à 19:24

        Bonsoir Danielle... Ah oui, le repos est parfois indiqué, nécessaire. On ne peut pas être au top tout le temps, la fatigue n'est pas une notion en l'air, et mieux vaut ne pas la négliger. J'espère que tu t'es bien reposée yes

    12
    Samedi 5 Mars 2016 à 14:46

    me voilà un peu reposée....pendant que toi tu profites de ton week end...hihihi

    à ton âge tu as bien raison d'en profiter....

    après quelques recherches

    j'ai cru que tu te prenais pour Combescot

    (Les Filles du Calvaire est un roman de Pierre Combescot publié le 28 août 1991. Il obtient la même année le prix Goncourt et le prix Goncourt des lycéens.)

     Le roman remporte le prix Goncourt en novembre 1991.

     

    mais j'avoue que ton écrit est sublime

    je souhaite de tout coeur que tes écrits soient reconnus ....un jour

    ps: sur facebook il y a des groupes d'écrivains poètes, tu pourrais en faire partie

    des écrivains contemporains comme toi.

     

      • Dimanche 6 Mars 2016 à 19:28

        Hahaha Danielle, j'avais oublié ce Combescot, évidemment, je ne l'ai jamais lu... Donc, aucun risque que je me prenne pour lui.

        Merci pour tes encouragements et tes compliments, cela me touche. Qu'ils soient ou non reconnus, je crois que je n'aurai pas de si tôt fini d'aligner mes mots, et même si plus personne ne les lit, je ne pourrai les empêcher de me démanger le crayon lol... Je n'ai pas Facebook (eh oui, ça existe encore !), mais si je me crée un compte un jour, pourquoi pas.

        Belle fin de soirée, bon lundi à toi. Et merci encore. Bisous.

        FP

    13
    Samedi 5 Mars 2016 à 23:06

    Alors Pierrot pleure à la lune
    son chant désespéré et fou
    tout ça pour l'amour d'une brune
    qui s'était jetée à son cou
    Paris n'entend pas son chagrin
    il y en a tant dans les ruelles
    des rencontres de "mauvais vins"
    pour d'infidèles demoiselles
    Je m'en vais consoler Pierrot
    c'était mon copain de jeunesse
    nous étions comme deux frérots
    le coeur rempli d'allégresse

     

    Bon dimanche Fabrice et merci , car j'ai passé un bon moment avec Pierrot ! 

      • Dimanche 6 Mars 2016 à 19:31

        Bonsoir Balaline... Tes vers posés ici si délicatement disent exactement ce qu'on aimerait faire pour consoler un ami, ou ce qu'on aimerait qu'un ami nous fasse quand on touche le fond. C'est difficile pour celui ou celle qui n'a plus le goût de vivre ou si peu, tout lui paraît forcément laid. 

        Merci beaucoup pour ta lecture attentive, et merci pour Pierrot (la lune était là)... 

        Bonne soirée. 

        FP

    14
    Lundi 7 Mars 2016 à 16:42

    Coucou Fabrice

    J'ai lu attentivement ce sublime poème.... et j'en reviens toujours à la même conclusion : tu devrais publier ! Je ne cherche pas à le commenter, d'autres le font mieux que moi, mais je tiens à t'exprimer mon admiration, car vraiment, il me touche ! le choix de tes mots est excellent....

    Une bonne fée s'est penchée sur ton berceau, tu as un don indéniable ! Certains poètes reconnus et officialisés ne me bouleversent nettement moins !!!

    Bisous et merci

      • Mardi 8 Mars 2016 à 23:38

        Bonsoir Luciole... Je ne sais vraiment pas quoi dire après ton mot si bienveillant et encourageant. Il est vrai que je n'ai pas jamais pensé sérieusement à publier. Je ne sais pas pour la bonne fée, mais par contre, je sais exactement comment j'ai commencé à écrire, comment s'est opéré le déclic, un jour, je le raconterai peut-être, en vers (puisque je ne sais écrire qu'en vers)... 

        Merci beaucoup. Ton commentaire m'a touché.

        Bises.

        FP

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