• Te voici qui t'avances

     Tout feu tout roi, qui danses...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Ton triomphe avant l'heure,

    On en rit, on en pleure...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Tes lèvres si brûlantes,

    Fougueuses, turbulentes...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Les matins te libèrent,

    Les soirs te réverbèrent...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Je suis comme la terre :

    Las. Qu'on me désaltère !

    Si le bonheur des uns

    Fait le malheur des autres,

    Pourvu que tu ne sois

    Pas sans pitié pendant trois mois ;

    Interprète ton rôle,

    Été, ni plus ni moins, contrôle

    Tes impudeurs

    Et tes ardeurs !

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  • La grande ville :

    Un alibi pour les secrets.

    La grande ville :

    Un vrai bunker pour les discrets.

     

    J'aime à me fondre dans la foule

    Car je m'y sens bien abrité ;

    L'anonymat est ma cagoule,

    Mon masque de sécurité.

     

    Ma grande ville,

    Quelquefois, me cherche des poux,

    Ma grande ville,

    Où se perd l'écho de mon pouls...

     

    Au milieu de la multitude,

    J'ai rencontré ma liberté ;

    Je ne crains pas la solitude,

    L'ayant choisie, en vérité.

     

    Ma grande ville,

    Cet insubmersible bateau,

    N'est guère vile,

    Et, cerise sur le gâteau,

    Est belle en toute circonstance,

    Dans la joie, ou, dans la souffrance.

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  • Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Tu t'en reviens de Lorraine,

    Sans sabots, mais plein aux as !

     

    Comment as-tu fait fortune

    En pays messin, comment ?

    D'où tiens-tu toute la thune

    Que tu claques si gaiement ?

     

    Tes trois maisons franciliennes

    Brillent aux yeux des voleurs

    Qui tournent comme éoliennes

    Autour de tes chiens hurleurs ;

     

    Pas pour du vent, qu'ils s'échinent

    À manigancer leur plan !

    Ils rôdent, flairent et chinent...

    Si tentant est ton brelan !

     

    Comment as-tu fait fortune,

    Mystérieux Cadet Roussel ?

    Ah... Cette manne opportune...

    Le prêtre en perd son missel !

     

    Trois superbes pied-à-terre,

    N'est-ce pas un peu beaucoup,

    Quand on est célibataire

    Sans la moindre corde au cou ?

     

    Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Mémé demande, à la traîne :

    Mais qui donc est ce Josas ?

     

    Pépé, taquin, de répondre :

    Bah, c'est le bouffon du roi...

    Cadet Roussel va lui pondre

    Trois œufs d'or au bon endroit !

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  • Toi, qui passes sans me voir,

    Là, tout près de ma fenêtre,

    Tu joues avec ton pouvoir

    De séduction ; ton diamètre

    Fait le tour

    De la cour

    Qui se forme à tes chevilles...

    Tu mets de l'or aux guenilles !

     

    Toi, qui passes sans me voir,

    L’œil de feu, la main de braise,

    Va donc, va les émouvoir,

    Tant la rose que la fraise,

    Fais le tour

    De ta cour,

    Fort de ton aura solaire

    Que mon humeur ne tolère !

     

    Toi, qui passes sans me voir,

    Presque trop chaud d'arrogance,

    Jouis, car il va pleuvoir ;

    Un nuage manigance

    Son retour

    Sur la cour,

    Entends-le qui dit : recule,

    Saleté de canicule !

     

    Enfin, je pourrai sortir

    Mon pauvre cœur qui s'assèche,

    Et, ce soir, m'en repartir

    Chercher la lune à la fraîche !

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