• De bar en boîte,

    On court, on squatte...

    Je ne suis pas de ceux-là

    Qui ne mettent de holà

    À leur soif de canicule...

    Mieux vaut ma chaise à bascule,

    Au frais !

     

    De bar en boîte,

    La lune moite,

    Le foie en macération,

    Les pas en ébullition...

    Boire et danser sur la tête ?

    Laissez-moi seul à ma fête,

    Au frais !

     

    Mais quel drôle de rapace,

    Cet oiseau de nuit qui passe

    Son temps à se balancer

    Dans sa cage, à rêvasser...

    Encore un maudit poète

    Et ses plans sur la comète,

    Son encre à mots invendus,

    Son ancre et ses maux fondus

    Dans les fonds de sa tourmente

    Qu'il tient pour unique amante !

    Dit-on de moi.

    Ma foi...

     

    De bar en boîte,

    On se miroite

    Dans des étangs d'illusions

    Qu'on prend pour des occasions

    De bonheur, quand je préfère

    Élucubrer dans ma sphère,

    Au frais !

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  • Te voici qui t'avances

     Tout feu tout roi, qui danses...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Ton triomphe avant l'heure,

    On en rit, on en pleure...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Tes lèvres si brûlantes,

    Fougueuses, turbulentes...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Les matins te libèrent,

    Les soirs te réverbèrent...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Je suis comme la terre :

    Las. Qu'on me désaltère !

    Si le bonheur des uns

    Fait le malheur des autres,

    Pourvu que tu ne sois

    Pas sans pitié pendant trois mois ;

    Interprète ton rôle,

    Été, ni plus ni moins, contrôle

    Tes impudeurs

    Et tes ardeurs !

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  • La grande ville :

    Un alibi pour les secrets.

    La grande ville :

    Un vrai bunker pour les discrets.

     

    J'aime à me fondre dans la foule

    Car je m'y sens bien abrité ;

    L'anonymat est ma cagoule,

    Mon masque de sécurité.

     

    Ma grande ville,

    Quelquefois, me cherche des poux,

    Ma grande ville,

    Où se perd l'écho de mon pouls...

     

    Au milieu de la multitude,

    J'ai rencontré ma liberté ;

    Je ne crains pas la solitude,

    L'ayant choisie, en vérité.

     

    Ma grande ville,

    Cet insubmersible bateau,

    N'est guère vile,

    Et, cerise sur le gâteau,

    Est belle en toute circonstance,

    Dans la joie, ou, dans la souffrance.

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  • Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Tu t'en reviens de Lorraine,

    Sans sabots, mais plein aux as !

     

    Comment as-tu fait fortune

    En pays messin, comment ?

    D'où tiens-tu toute la thune

    Que tu claques si gaiement ?

     

    Tes trois maisons franciliennes

    Brillent aux yeux des voleurs

    Qui tournent comme éoliennes

    Autour de tes chiens hurleurs ;

     

    Pas pour du vent, qu'ils s'échinent

    À manigancer leur plan !

    Ils rôdent, flairent et chinent...

    Si tentant est ton brelan !

     

    Comment as-tu fait fortune,

    Mystérieux Cadet Roussel ?

    Ah... Cette manne opportune...

    Le prêtre en perd son missel !

     

    Trois superbes pied-à-terre,

    N'est-ce pas un peu beaucoup,

    Quand on est célibataire

    Sans la moindre corde au cou ?

     

    Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Mémé demande, à la traîne :

    Mais qui donc est ce Josas ?

     

    Pépé, taquin, de répondre :

    Bah, c'est le bouffon du roi...

    Cadet Roussel va lui pondre

    Trois œufs d'or au bon endroit !

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