• Quand j'étais poète

     

     

    Quand j'étais poète,

    Je plaquais sur des accords

    Des suites de rimes

    Que je chantais dès le soir

    Jusqu'à l'aurore venue.

     

    J'aimais

    Les pages mouillées

    Aux encres de mon cœur plein d'entrain.

     

    Quand j'étais poète,

    Je dévoilais mes décors,

    Mes recoins intimes,

    Où j'invitais à s'asseoir

    Un passant, une inconnue...

     

    J'aimais

    Ces longues veillées

    S'étirant quatrain après quatrain.

     

    Quand j'étais poète,

    J'avais chevillés au corps

    Des élans sublimes

    Qui scintillaient dans le noir

    Pour plaire à la lune nue.

     

    Oui, mais...

    Une fois choyées,

    Ses rondeurs m'ont mis dans le pétrin.

     

    Alors, le poète

    A pleuré sur ses accords

    Des miettes de rimes

    Et n'a plus chanté le soir

    Que sa peine continue.

     

    Je mets

    Mes notes rouillées

    Sur des rails au passage d'un train...

     

    Oui, mais

    Le phénix est immortel  me disent

    Bien des amis qui m'idéalisent.

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  • Tu verras

     

     

    La baratineuse

    T'enfarinera,

    La libidineuse

    Te butinera,

    La bêcheuse Aline

    Te jardinera,

    Et la Caroline

    Te chagrinera...

     

    Puis, la châtelaine

    Te dominera,

    Ou la Marjolaine

    T'endoctrinera,

    Lou, l'impertinente,

    Te piétinera,

    Mina, l'éminente,

    Te laminera...

     

    C'est inexorable !

    Sauf hasard miraculeux,

    C'est inespérable

    Que tu t'en sortes sans bleus !

     

    Tu la traites de « freineuse

    D'ardeurs », ta Sarah,

    Bien trop souvent migraineuse

    À ton goût de rat...

     

    Alors, tu t'obstines

    À les taquiner,

    Ces brise-routines,

    À t'acoquiner

    Avec ces vilaines

    Tire-robinets,

    Mais ces chattes pleines

    De lait pour minets,

    Finement, défroquent,

    Cuisinent et croquent

    Les rats,

    Tu verras.

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  • À dormir debout comme un i

     

     

    Un iguane irlandais

    S'immisce sur mon île...

    Un igname islandais

    S'insinue, immobile...

     

    Un if inapprécié,

    M'invitant, s'illusionne !

    Un ignare initié,

    M'imitant, m'impressionne !

     

    Un imam d'Ispahan

    Idolâtre une ibère...

    Et mon ire, en Iran,

    S'illustrant, t'indiffère...

     

    Est-ce idiot, inepte, inquiétant ?

    Ce n'est que mon imaginaire

    Inutile, irritant,

    Insensé, insistant,

    Qui s'invente un itinéraire

    Inédit, mais rien d'important...

     

    Pour l'instant !

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  • Litanies d'une quinqua

     

     

    J'avais du vin dans le pichet,

    Il n'en reste plus une goutte ;

    J'ai soif jusqu'au godemichet

    Qui vibre en vain – tout me dégoûte !

     

    Mon postérieur, c'est du poulet,

    Mais le four, soudain, se détraque,

    M'assèche, et me voici fruit blet

    Trimballant un noyau patraque !

     

    Mon dieu ! Mille et un tourniquets

    Grincent au fond de ma berdouille...

    Éloignez-moi donc ces briquets,

    Ces choses-là craignent la rouille !

     

    J'en vois passer, des blondinets,

    Qui, parfois, toquent à ma porte ;

    Qu'éteindraient-ils, leurs robinets ?

    Une chandelle déjà morte ?

     

    Encore un nouveau ruisselet

    Qui vient creuser une autre ride ;

    C'est le temps pour le stérilet

    De quitter mon désert aride !

     

    Je l'aimais trop, mon jardinet,

    Avec ses roses froufroutantes !

    Je n'ai plus rien dans le cornet

    Que des étoiles impotentes !

     

    On referme les guillemets

    Quand l'âge d'or prend sa retraite ;

    Adieu les cimes, les sommets...

    Ça m'essouffle la pâquerette !

     

    On remballe tous les buffets ;

    Que le mari s'en satisfasse,

    Ou qu'il rassemble ses effets

    Pour s'en aller brouter en face !

     

    L'automne n'est qu'un perroquet

    Qui me chante « l'amen aux pauses »,

    Sauf qu'à ce vilain foutriquet,

    Je lui réponds : tu m'indisposes,

    Et je sais que ça durera...

    Et puis, l'hiver arrivera...

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