• Le bon Albin

    Le bon Albin

     

     

    D'abord, un Albin moussant

    Qui parlait avec des bulles,

    T'astiquait – en te passant

    Quelques savons – sans scrupules...

     

    Aux égouts, l'Albin moussant !

     

    Ensuite, un Albin de bouche

    Qui te noyait le poisson

    Dans un gargarisme louche

    Aux relents de saucisson...

     

    Recraché, l'Albin de bouche !

     

    Puis, cet Albin de soleil

    Qui te voulait bien rôtie,

    Loin d'être de bon conseil ;

    Insolation garantie...

     

    Maudit Albin de soleil !

     

    Quid de l'Albin de jouvence

    Qui te crémait d'illusions ?

    On dit qu'à l'hospice il pense

    Écouler ses provisions...

     

    Escroc d'Albin de jouvence !

     

    Et cet Albin de minuit

    Qui faisait toujours des vagues ?

    On dit qu'il se meurt d'ennui

    Au milieu de tristes algues...

     

    Coulé, l'Albin de minuit !

     

    Et ce sale Albin de boue

    Qui vivait comme un cochon,

     Reclus au fond de sa soue ?

    Toujours grogneur et ronchon...

     

    Au karcher, l'Albin de boue !

     

    * * *

     

    Qu'il soit éphèbe ou barbon,

    Quand vas-tu trouver le bon ?

     

    * * *

     

    Va prendre un Albin de foule,

    Un pigeon, place Saint-Marc ;

    Pour toi, fasse qu'il roucoule,

    Ramène-le à Clamart...

     

    Nous le plumerons, ma poule !

     10325

    « Un temps pour chaque choseIrrésistiblement »