• Le cake

    Toi, qui m'adores tout doré,

    Tout chaud, tout piégé dans ton moule,

    Toi qui m'as toujours dévoré,

    Je crois que je te tourneboule...

     

    Ta gourmandise ne prend fin

    Que quand il vient dans la cuisine

    Un trouble-fête, un coupe-faim :

    Le mari, le chien, la voisine...

     

    Toi, qui sais me casser les œufs,

    Coquinement, tu les fouettes

    Pendant que, docile et taiseux,

    Je me sucre à tes pirouettes...

     

    Ta gourmandise est un secret

    Qui m'enfarine... Ah, ça t'éclate !

    Beurré, lacté, monté, tout prêt,

    Je suis à toi, ta bonne pâte...

     

    Toi, dont je connais bien le four

    Aux thermostats brûlants, voraces,

    Que feras-tu de moi le jour

    Où j'aurai les grumeaux tenaces ?

     

    Ta gourmandise trouvera

    Un autre quatre heures, sans doute ;

    Un autre qui t'arrachera

    Aux miettes de ma vieille croûte...

     

    Toi, qui lorgnes de temps en temps

    Sur un éclair, sur un milk-shake,

    Tu craqueras, je m'y attends...

    Et bye bye ma tronche de cake !

    12317

    « Les hirondellesL'Irène »