• Le clown et l'ivrogne

    Qu'as-tu fait de ton sourire,

    Pauvre clown triste et hagard ?

    Je l'aimais bien, ton sourire,

    Qui soulignait ton regard.

     

    Tu m'inquiètes ; ton nez rouge

    Pauvre clown, a disparu !

    Je l'aimais bien, ton nez rouge,

    Moi, qui suis lourd et bourru.

     

    Qu'as-tu mis entre tes lèvres,

    Pauvre clown, est-ce un chagrin ?

    Je les aimais bien, tes lèvres,

    D'impayable boute-en-train.

     

    Quoi ! Comment ça, le sourire

    D'un clown n'est que faux-semblant ?

    Je l'aimais bien, ton sourire,

    Jamais jaune, toujours blanc.

     

    Qu'as-tu donc ! Est-ce le monde,

    Pauvre clown, qui te déçoit ?

    Je l'aimais bien, notre monde,

    Avant le chacun-pour-soi.

     

    Viens là, que je te déride,

    Pauvre clown, viens... À mon tour

    D'avoir le mot qui déride,

    De me forcer à l'humour !

     

    * * *

     

    Allons d'abord boire un verre...

    Au fond, je suis comme toi...

    Quand le monde m'exaspère,

    Mon sourire perd la foi.

    Allons d'abord boire un verre,

    Un, deux, trois, et... Ça ira,

    La pilule passera.

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