• Le poète narcicynique

    Je ponds des moi, lâche des je, sans les compter,

    Mes pieds sur vers, tête en melon et cœur qui rime

    Avec ego ; j'écris ma gloire à raconter,

    Je m'applaudis – ma poésie a mon estime.

     

    Je me séduis dans un miroir d'alexandrins,

    Me vois charmant sur un podium d'octosyllabes ;

    Le firmament tient tout entier dans mes quatrains,

    Je vole haut pour mieux narguer vos astrolabes.

     

    Je joue à je, m'amuse à moi, sans m'en lasser ;

    À ce jeu-là, je vous le dis, c'est moi qui gagne !

    Vos compliments peuvent pleuvoir et m'enlacer,

    J'en veux encore... Ah ! Faites-en une montagne !

     

    J'exulterai, me trouvant beau dans vos regards,

    Adoubez-moi, permettez que mon nom grossisse,

    Admirez-moi, réservez-moi tous les égards,

    Rimbaud est mort, Verlaine aussi... Vive Narcisse !

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    « À l'ombre du soirEusébie wasabi »