• Les ailes de Gisèle

    Les ailes de Gisèle

     

     

    Gisèle ouvre ses ailes,

    S'élance du bord de son lit,

    Et, parmi les oiselles

    Du pays d'en haut, s'établit.

     

    - Mais où vas-tu, Gisèle ?

    Vers ce nuage froufroutant,

    C'est là que mon prince m'attend !

     

    Gisèle bat des ailes,

    Tant qu'à faire, des cils aussi,

    Pour narguer les oiselles,

    Qui ne lui disent pas merci.

     

    - Oui, c'est toi, la plus belle !

    – Ces emplumées n'ont pas de cils...

    D'ailleurs, comment sont-ils, mes cils ?

     

    Gisèle fait des ailes,

    Des pieds, des mains, pour l'emporter,

    Mais... Soudain, les oiselles

    Ricanent, la voyant chuter !

     

    - Que croyais-tu, Gisèle !

    – J'étais si bien, là-haut, pardi !

    Je me sens le cœur alourdi...

     

    Gisèle est là, sans ailes,

    Sous ses draps ; le rêve est fini,

    Plus de prince, d'oiselles,

    Dehors, l'hiver, le ciel terni...

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