• Les icônes aigries

    Trois tendres vestales

    D'à peine quinze ans,

    Aux regards luisants,

    Splendeurs végétales

    Fraîches comme l'eau

    Baignant leur jeunesse ;

    Chacune se presse

    En haut du tableau.

     

    Le temps béni passe...

    Et puis...

     

    Trois femmes, trois mères,

    D'à peine trente ans,

    Aux destins chantants,

    Pas encore amères,

    Que le ciel entend,

    Que la rue écoute ;

    Chacune a sa route

    Au soleil montant.

     

    Le temps doré passe...

    Et puis...

     

    Trois saintes rombières

    Au sommet des ans,

    Les yeux moins luisants

    Entre les paupières,

    Gloires d'autrefois

    Défaites, marries,

    Icônes aigries

    Jusque dans leurs voix.

     

    Le temps pluvieux passe...

    Et puis...

     

    Le vernis s'effrite.

    La rue a changé.

    Le ciel s'est vengé.

    Chacune s'irrite.

    12207

    « Vous l'appeliez GénéreuseLe plus beau des pays du monde »