• Litanies d'une quinqua

    Litanies d'une quinqua

     

     

    J'avais du vin dans le pichet,

    Il n'en reste plus une goutte ;

    J'ai soif jusqu'au godemichet

    Qui vibre en vain – tout me dégoûte !

     

    Mon postérieur, c'est du poulet,

    Mais le four, soudain, se détraque,

    M'assèche, et me voici fruit blet

    Trimballant un noyau patraque !

     

    Mon dieu ! Mille et un tourniquets

    Grincent au fond de ma berdouille...

    Éloignez-moi donc ces briquets,

    Ces choses-là craignent la rouille !

     

    J'en vois passer, des blondinets,

    Qui, parfois, toquent à ma porte ;

    Qu'éteindraient-ils, leurs robinets ?

    Une chandelle déjà morte ?

     

    Encore un nouveau ruisselet

    Qui vient creuser une autre ride ;

    C'est le temps pour le stérilet

    De quitter mon désert aride !

     

    Je l'aimais trop, mon jardinet,

    Avec ses roses froufroutantes !

    Je n'ai plus rien dans le cornet

    Que des étoiles impotentes !

     

    On referme les guillemets

    Quand l'âge d'or prend sa retraite ;

    Adieu les cimes, les sommets...

    Ça m'essouffle la pâquerette !

     

    On remballe tous les buffets ;

    Que le mari s'en satisfasse,

    Ou qu'il rassemble ses effets

    Pour s'en aller brouter en face !

     

    L'automne n'est qu'un perroquet

    Qui me chante « l'amen aux pauses »,

    Sauf qu'à ce vilain foutriquet,

    Je lui réponds : tu m'indisposes,

    Et je sais que ça durera...

    Et puis, l'hiver arrivera...

    11937

     

     

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    « Ce bougre d'AgrippinTa dignité »