• Noir

    Et l'aurore se larde

    De rêves ébranlés,

    La vitre se lézarde

    De mirages gelés,

    L'arbre nu se regarde

    Dans les yeux d'un corbeau.

     

    Une noirceur opaque

    Aspire les couleurs,

    Se fixe comme laque

    Sur les cheveux des fleurs,

    La rue est une arnaque

    En forme d'escabeau...

     

    Elle monte mais mène

    Au paradis perdu

    Des lendemains d'ébène ;

    Le soleil s'est pendu

    Au cou d'une fontaine

    Arrosant son tombeau.

     

    J'ai le cœur qui se cogne

    Contre le mal d'aimer,

    L'esprit qui se renfrogne

    Et me fait blasphémer

    Face au miroir qui grogne

    Que je ne suis pas beau.

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    « Dieu avec nousVous l'appeliez Généreuse »