• Réaumur-Sébastopol

    Lendemain de fête

    Sur les trottoirs blancs :

    Les flocons s’entêtent,

    Les oiseaux sont lents,

    L’ombre des façades

    Avale la nuit.

    Entre deux glissades,

    Je cherche un appui…

     

    Des lunes dansent dans ma tête

    Au rythme des vapeurs d’alcool.

    On croirait que le temps s’arrête

    À Réaumur-Sébastopol…

     

    Dans la rue du Caire

    Traverse un chat gris,

    Sous un lampadaire

    Dorment des débris :

    Cinq ou six cannettes,

    Un Nordmann coupé

    Aux branches défaites,

    Un vieux canapé…

     

    Un planeur vrille dans ma tête,

    Mes pieds gourds s’élèvent du sol.

    Tout l’horizon se déchiquète

    À Réaumur-Sébastopol…

     

    J’ai chaud sur la langue !

    Passage Basfour,

    Mon dimanche tangue

    Sous mon pas trop lourd.

    La Gaîté Lyrique

    S’attriste gaiment,

    La neige hystérique

    Chante mon tourment…

     

    C’est par où le Faubourg-du-Roule ?

    Qui donc me prendra par le col

    Pour m’y mener ? Car je m’écroule

    À Réaumur-Sébastopol…

     

    Lendemain de fête,

    Après les écarts :

    Tonnent dans ma tête

    Dix mille pétards.

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