• Le rêve de Mado

     

     

    Fini, Paname, adieu le grand charivari,

    La Seine et ses remous, ses quais, ses bateaux-mouches,

    Barbès et son métro, ses badauds, ses babouches...

    Mado s'est retirée ! À Zante ? À Lipari ?

     

    Fini, l'appartement sans balcon, au sixième,

    Avec vue imprenable – on ne se moque pas ! –

    Sur les draps de satin d'un couple de papas...

    Mado s'est retirée ! En Istrie ? En Bohème ?

     

    Fini, l'hiver grincheux tout en pluie et tout fou

    Sur les toits, que n'aurait pas renié Verlaine,

    Les muguets automnaux qui poussent dans la laine...

    Mado s'est retirée ! Au Cap-Vert ? À Lifou ?

     

    Fini, les réunions dans sa prison de verre

    Perchée à la Défense, et d'être le citron

    Pressé jusqu'à plus soif par son âpre patron...

    Mado s'est retirée ! Où ça donc ? Il s'avère

    Qu'elle aime les Anglais,

    Le sud, la Promenade,

    Le soleil, la baignade,

    Les plages de galets...

     

    * * *

     

    Trop cher, le Negresco° ! Mais chez sa sœur Françoise,

    Les Anges de la Baie éclairent chaque mur ;

    Elle y rêve la nuit qu'un beau Christian°° d'azur

    L'estrosie°° en disant : Ô Mado, ma niçoise°°° !

     

     

     

     

    °Hôtel de luxe niçois situé sur la Promenade des Anglais face à la Baie des Anges

    °°Référence à Christian Estrosi, maire de Nice

    °°°Référence au personnage de Mado la Niçoise, interprété par l'humoriste Noëlle Perna

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  • De bar en boîte,

    On court, on squatte...

    Je ne suis pas de ceux-là

    Qui ne mettent de holà

    À leur soif de canicule...

    Mieux vaut ma chaise à bascule,

    Au frais !

     

    De bar en boîte,

    La lune moite,

    Le foie en macération,

    Les pas en ébullition...

    Boire et danser sur la tête ?

    Laissez-moi seul à ma fête,

    Au frais !

     

    Mais quel drôle de rapace,

    Cet oiseau de nuit qui passe

    Son temps à se balancer

    Dans sa cage, à rêvasser...

    Encore un maudit poète

    Et ses plans sur la comète,

    Son encre à mots invendus,

    Son ancre et ses maux fondus

    Dans les fonds de sa tourmente

    Qu'il tient pour unique amante !

    Dit-on de moi.

    Ma foi...

     

    De bar en boîte,

    On se miroite

    Dans des étangs d'illusions

    Qu'on prend pour des occasions

    De bonheur, quand je préfère

    Élucubrer dans ma sphère,

    Au frais !

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  •  

     

    Un dernier verre, Oleg ?

    Allez, allez, Oleg,

    Ne te fais pas prier,

    Ne me fais pas crier !

     

    Oleg ? Dernier tango

    Olé olé... Let's go

    Tout là-haut, sous mon toit,

    Assez parlé, tais-toi !

     

    Mon lit de princesse a

    Froid et n'attend que ça,

    Autant le requinquer

    En venant y trinquer !

     

    Un dernier verre, Oleg ?

    Allez, allez, Oleg,

    J'ai du vin de passion,

    Tu as ma permission !

     

    Oleg ? Dernier tango

    Olé olé... Let's go

    Sous mon toit, chat brûlant,

    N'en miaulons pas un flan !

     

    Comme ma gouttière est

    Pleine à ras bord, c'est vrai,

    Autant la dévaler

    En venant t'y saouler !

     

    Un dernier verre, Oleg ?

    Allez, allez, Oleg,

    Ne sois pas si coincé,

    Tu n'es pas si rincé !

     

    Oleg ? Dernier tango

    Olé olé... Let's go !

    Comment ça, mon chaton,

    Tu pars avec Gaston ?

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  • Te voici qui t'avances

     Tout feu tout roi, qui danses...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Ton triomphe avant l'heure,

    On en rit, on en pleure...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Tes lèvres si brûlantes,

    Fougueuses, turbulentes...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Les matins te libèrent,

    Les soirs te réverbèrent...

    Enfin !  clament les uns,

    Déjà ?  pestent les autres.

     

    Je suis comme la terre :

    Las. Qu'on me désaltère !

    Si le bonheur des uns

    Fait le malheur des autres,

    Pourvu que tu ne sois

    Pas sans pitié pendant trois mois ;

    Interprète ton rôle,

    Été, ni plus ni moins, contrôle

    Tes impudeurs

    Et tes ardeurs !

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