• Si Garrett arrête,

    S'il prend sa retraite,

    Désintoxiquant

    Son air suffocant,

    Ses matins qui toussent

    Et crachent du gris,

    Ses soirs qu'éclaboussent

    Des brouillards nourris

    Au briquet funeste...

    Fera-t-il ce geste ?

     

    Sa Mady me dit :

    On est samedi...

    Si Garrett arrête,

    S'il prend sa retraite

    De nicotineux,

    Ah ! Le beau miracle !

    Seuls quelques neuneus

    Croient qu'un tel spectacle

    Se tiendra, pardi !

    On verra lundi...

     

    Si Garrett arrête,

    S'il prend sa retraite...

    Mais combien de si

    Faudra-t-il, d'ici

    Qu'il soit raisonnable,

    Combien de lundis ?

    Ce n'est plus tenable !

    Triste paradis...

    Mady s'y consume

    Car elle aussi fume,

    Même sans vriller

    Jusqu'au cendrier.

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  • Tous ces avions qui bourdonnent,

    Passant par-dessus le toit de ma maison,

    Griffant le ciel, fanfaronnent ;

    Ils emportent des chanceux.

     

    Tous ces avions qui dessinent

    Des traits blancs sur fond d'azur, à la saison

    Des vacances, me fascinent ;

    Je rêve d'être de ceux

    Qu'ils décollent,

    Qu'ils envolent.

     

    Cœur à hauteur des pavés,

    Compte en banque

    Dans le manque,

    Je rêve les yeux levés.

     

    Tous ces avions qui s'échappent

    N'ont que faire des barreaux de ma prison

    Quand des paradis les happent ;

    Ils emportent des chanceux.

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  • Juillet, côté rue,

    Regarde passer

    La foule férue

    D'or à caresser ;

    Belle hémorragie

    Jusqu'à la magie

    Du bleu littoral,

    Exode viral ;

    Que de monde prise

    Le sud, sans surprise !

     

    Juillet, côté cour,

    Trace la paresse

    Qui trouvera court

    Le temps de l'ivresse.

     

    Juillet, côté cœur,

    Surligne l'aurore

    Au rose marqueur.

    Cupidon pérore...

    Bonheur estival...

    Tourmente en aval ?

    Pour beaucoup, l'automne

    Sera monotone.

    Mais c'est loin, demain,

    Donne-moi la main !

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  • Joli cœur

     

     

    C'est un joli cœur

    Qu'un charmeur sourire enrubanne,

    C'est un joli cœur

    Qui fait les yeux doux, se pavane...

     

    Et ce joli cœur

    Bat le briquet, non la chamade ;

    Oui, ce joli cœur

    Vient, boit, puis repart, bon nomade !

     

    Dans mon rêve, il reste à moi seul,

    Près du mien se sédentarise,

    Mais au réveil, qu'est-ce ? Un linceul

    Blanc de givre sur ma cerise...

    Mon gâteau, lui, n'est qu'un caillou

    Sur lequel trébuche Only you.

     

    J'aimerais savoir ce qu'il cache,

    Ce cœur si secret, si pressé

    De contourner la moindre attache,

    De se garder cadenassé...

    Dans mon rêve, il s'installe et chante,

    Freud en perd son latin, déchante.

     

    C'est un joli cœur

    Dont le charmeur sourire tue

    Plus qu'un autre cœur ;

    J'en ai l'âme à plat, courbatue.

     

    Devenant braqueur

    Dans mon cauchemar, je me l'ouvre,

    Ce tout joli cœur,

    Au pied-de-biche, et, j'y découvre

    Le sifflet cassé

    D'un oiseau blessé.

     

     

     

    Joli cœur

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    [ un clic sur le logo au-dessus du texte pour des précisions quant à la consigne d'écriture ]


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