• La grande ville :

    Un alibi pour les secrets.

    La grande ville :

    Un vrai bunker pour les discrets.

     

    J'aime à me fondre dans la foule

    Car je m'y sens bien abrité ;

    L'anonymat est ma cagoule,

    Mon masque de sécurité.

     

    Ma grande ville,

    Quelquefois, me cherche des poux,

    Ma grande ville,

    Où se perd l'écho de mon pouls...

     

    Au milieu de la multitude,

    J'ai rencontré ma liberté ;

    Je ne crains pas la solitude,

    L'ayant choisie, en vérité.

     

    Ma grande ville,

    Cet insubmersible bateau,

    N'est guère vile,

    Et, cerise sur le gâteau,

    Est belle en toute circonstance,

    Dans la joie, ou, dans la souffrance.

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  •  

     

    On la disait fille facile,

    Petite poulette imbécile

    Aussi naïve que docile,

    Plus que sa cousine Cécile,

    Qu'elle laissait son domicile

    Ouvert au moindre mâle en mal

    De volaille à plumer... Normal,

    Une nymphette aussi gracile

    Est forcément fille facile !

     

    Mais elle riait, Ursula,

    De ces vieilles peaux trop jalouses

    Toutes recluses dans leurs blouses

    De vipères en chocolat.

     

    On la disait fille à scandales,

    Bonne qu'à suivre des vandales

    Pour lesquels, perdant les pédales,

    Elle exhibait ses amygdales,

    Qu'elle méritait des mandales

    Afin de mater le démon

    Qui lui dirigeait le timon...

    Une libertaire en sandales

    Est forcément fille à scandales !

     

    Mais elle riait, Ursula,

    De ces armadas de bigotes

    Se pensant saintes sous les bottes

    D'un manitou en chocolat.

     

    Elle a su tenir la dragée

    Haute, sans s'être un jour vengée ;

    Quelle force l'a protégée

    Au point qu'elle s'est arrangée

    Pour qu'on ne l'ait plus outragée ?

    Aux bigotes et vieilles peaux,

    Aux hordes de méchants crapauds

    Qui l'avaient voulue aspergée

    D'une bave en vain propagée,

     

    Elle leur pardonne, Ursula,

    Que l'on voit partout respectée

    Telle une sage incontestée

    Dans son habit de nonne, et là,

     

    Bah... Dieu n'est plus en chocolat !

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  • Tu verras

     

     

    La baratineuse

    T'enfarinera,

    La libidineuse

    Te butinera,

    La bêcheuse Aline

    Te jardinera,

    Et la Caroline

    Te chagrinera...

     

    Puis, la châtelaine

    Te dominera,

    Ou la Marjolaine

    T'endoctrinera,

    Lou, l'impertinente,

    Te piétinera,

    Mina, l'éminente,

    Te laminera...

     

    C'est inexorable !

    Sauf hasard miraculeux,

    C'est inespérable

    Que tu t'en sortes sans bleus !

     

    Tu la traites de « freineuse

    D'ardeurs », ta Sarah,

    Bien trop souvent migraineuse

    À ton goût de rat...

     

    Alors, tu t'obstines

    À les taquiner,

    Ces brise-routines,

    À t'acoquiner

    Avec ces vilaines

    Tire-robinets,

    Mais ces chattes pleines

    De lait pour minets,

    Finement, défroquent,

    Cuisinent et croquent

    Les rats,

    Tu verras.

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    [ un clic sur le logo au-dessus du texte pour des précisions quant à la consigne d'écriture ]


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  • Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Tu t'en reviens de Lorraine,

    Sans sabots, mais plein aux as !

     

    Comment as-tu fait fortune

    En pays messin, comment ?

    D'où tiens-tu toute la thune

    Que tu claques si gaiement ?

     

    Tes trois maisons franciliennes

    Brillent aux yeux des voleurs

    Qui tournent comme éoliennes

    Autour de tes chiens hurleurs ;

     

    Pas pour du vent, qu'ils s'échinent

    À manigancer leur plan !

    Ils rôdent, flairent et chinent...

    Si tentant est ton brelan !

     

    Comment as-tu fait fortune,

    Mystérieux Cadet Roussel ?

    Ah... Cette manne opportune...

    Le prêtre en perd son missel !

     

    Trois superbes pied-à-terre,

    N'est-ce pas un peu beaucoup,

    Quand on est célibataire

    Sans la moindre corde au cou ?

     

    Choisy-le-Roi, Bourg-la-Reine,

    Et puis... Jouy-en-Josas.

    Mémé demande, à la traîne :

    Mais qui donc est ce Josas ?

     

    Pépé, taquin, de répondre :

    Bah, c'est le bouffon du roi...

    Cadet Roussel va lui pondre

    Trois œufs d'or au bon endroit !

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