• Le casting

     

     

    Si mon cœur avait eu le souffle

    D'une basse ou bien d'un ténor...

    Tu dis qu'il dort dans sa pantoufle,

    Qu'il n'est ni du sud, ni du nord !

     

    S'il n'était pas aussi centriste,

    À la hauteur du baryton...

    Tu ne lui trouves qu'un air triste,

    Sans aura, blanc comme coton !

     

    S'il avait eu l'accent rebelle

    Du sel goûteux, du poivre chaud...

    Tu soutiens qu'un mouton qui bêle

    Propose encore un meilleur show !

     

    S'il pouvait battre dans un style

    Plus à l'extrême, plus rugueux...

    Tu me fais savoir être hostile

    À son ton banal, peu fougueux !

     

    S'il était taillé dans la trempe

    Des coffres sans juste milieu...

    Tu n'aimes pas comment il campe

    Entre le diable et le bon dieu !

     

    Et ton oreille s'extasie

    Devant ces coqs hauts en couleur

    Qui nourrissent ma jalousie ;

    Mon chant, pour toi, manque d'ampleur !

     

    C'est sans diplomatie aucune

    Que tu me contrains à l'exil...

    Je dois m'éclipser de ta lune,

    Sur le champ, débrancher mon fil !

     

     

     

    Le casting

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  • C'est toujours la même histoire

    Qui se répète, un soir, près d'un feu ;

    On commence par y boire

    La passion, qu'on chauffe comme on veut,

    Et c'est beau de se remettre à croire

    Aux promesses du printemps...

     

    C'est le froid qui se délite,

    Le grésil qui fait place à l'azur ;

    Le coquelicot milite

    Pour qu'on emplisse le verre obscur

    De ce vin qui paraît insolite,

    Même à l'énième printemps...

     

    Et puis, c'est la canicule

    Qu'on décroche au vent des voluptés,

    Quand la lune gesticule,

    Mais, changeante, prend des libertés ;

    Volage, indécise, elle recule,

    C'est déjà loin, le printemps...

     

    Enfin, l'heure des vendanges

    Presse une dernière fois le cœur ;

    On voit des soleils oranges

    À l'agonie, on entend qu'en chœur

    S'enrouent doucement les voix des anges,

    Et l'on repense au printemps...

     

    C'est toujours la même histoire

    Pour qui ne sait pas garder l'amour ;

    Combien d'avrils faut-il boire,

    Avant de se sentir le cœur lourd

    D'autre chose que de peine à croire

    En un durable printemps ?

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  • Dans les yeux d'Ute

     

     

    Dans les yeux d'Ute, j'ai peint

    Autre chose que la belle

    Poudre de perlimpinpin

    D'un séducteur ; elle est celle

    Qui fait des bonds dans mon cœur.

     

    Entre ses mains, j'ai remis

    Mes attentes les plus folles ;

    Je vous le dis, mes amis,

    Pas seulement des paroles

    Pour lui décorer le cœur !

     

    Sur sa bouche, j'ai posé

    Mon vœu le plus cher ; en somme,

    J'ai finalement osé,

    D'un seul baiser coup de gomme,

    Conclure et prendre son cœur...

     

    Du moins, c'est ce que j'ai cru !

    Car, je trouve sous sa robe

    Le portrait d'un malotru,

    Plus tenace qu'un microbe,

    Tatoué près de son cœur...

     

    Dans les yeux d'Ute, je lis

    Tout son doute d'indécise ;

    Qu'ils sont bleus ! Qu'ils sont jolis !

    Mais je pars, la laisse assise

    Sur le brouillard de son cœur,

     

    À contrecœur.

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  • J'ai pleuré pour la première fois

    De mon âge adulte

    Quand tu m'as dit : je pars,

    Je te laisse.

    J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps,

    De mes yeux, de ma vie.

     

    J'ai pleuré pour la seconde fois

    De mon âge adulte

    Le jour de ton retour...

    Quelle fête !

    J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps,

    De mes yeux, de ma vie.

     

    J'ai pleuré pour la troisième fois

    De mon âge adulte

    Quand tu as de nouveau

    Pris la route ;

    J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps,

    De mes yeux, de ma vie.

     

    Et d'ailleurs, si je n'ai plus pleuré depuis,

    C'est que toute ma peine,

    Peu à peu,

    A bu toutes mes larmes.

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