• Roissy

    Soudain, la foule est une brume

    À travers laquelle on ne voit

    Qu'un monde flou qui se résume

    À un bien étrange convoi.

    Il fait froid dans ce coquillage ;

    Tous les soleils sont en voyage.

     

    Entre grisaille et courants d'air,

    Parfois, se dessine un éclair...

    Que la terre paraît immense !

    Est-ce à Roissy que tout commence ?

     

    La foule est là, mais je ne vois

    Que tes yeux remplis de silence ;

    Je cherche des bouts de ta voix

    Dans un tonnerre qui s'élance.

    Ta bouche, m'a-t-elle embrassé ?

    Ton adieu, m'a-t-il enlacé ?

     

    Est-ce à Roissy que tout s'arrête,

    Juste au ras d'une pâquerette ?

    Que la lune me paraît loin,

    Inaccessible petit point !

     

    Il ne reste plus que la foule

    Déguisée en charivari,

    Et ce long fleuve qui s'écoule

    Au fond de mon cœur sans abri.

    Si demain j'en ai le courage,

    J'irai me construire un barrage.

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    « L'IrèneBriac se prend pour Dieu »