• Saint-Paul

    Rivoli* traîne sa java

    Au gré du ronron des voitures,

    Et la foule qui vient, qui va,

    Jette des bribes d'aventures

    Transitoires sur des trottoirs

    Qu'un nimbus prend pour égouttoirs.

     

    Rivoli laisse Saint-Antoine*

    Aller s'embastiller vers l'est,

    Tandis que ta Fiat vert cétoine

    N'arrive toujours pas de Brest ;

    Et François Miron* se retranche,

    Lentement, dans le soir qui penche...

     

    Malher* m'a l'air de s'en moquer,

    La Pavée*, elle, se procure

    Le Roi de Sicile* à croquer ;

    Toi, moi, Saint-Paul... Ils n'en ont cure !

     

    Rivoli trace son chemin,

    Jusqu'aux portes des Tuileries ;

    T'attendrai-je jusqu'à demain,

    Comptant toutes les sonneries

    À perdre sur le répondeur

    De ton téléphone boudeur ?

     

    Rivoli ferme ses boutiques ;

    De mon espoir, tu disparais,

    Tandis que mes cent pas sceptiques

    Se désembourbent du Marais,

    Me replongent dans les entrailles

    Du métro, sans nos retrouvailles.

     

    Malher m'a l'air de s'en moquer,

    La Pavée, elle, se procure

    Le Roi de Sicile à croquer ;

    Toi, moi, Saint-Paul... Ils n'en ont cure !

    12157

     

     

    [ *rue de Rivoli, rue Saint-Antoine, rue François Miron, rue Malher, rue Pavée, rue du Roi de Sicile, sont toutes des rues aux abords de la station de métro Saint-Paul, dans le quartier du Marais, à Paris ]

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