• Ternes

    L'orage a laissé sur la vitre

    Un paysage ruisselant

    Qu'un rayon de soleil sous-titre,

    Et la place, en arrière-plan,

    Peut écrire un nouveau chapitre...

     

    Mais je ne suis pas de retour

    Pour découvrir d'autres lectures,

    En commandant ce plat du jour

    Qui me ramène aux aventures

    De notre hier, ô mon amour...

     

    Ô mon amour, que La Lorraine *

    A toujours le goût du bon temps,

    Quand alors nous pensions pérenne

    Le bel été de nos trente ans,

    Quand toute ombre était souterraine...

     

    Sais-tu que rue de la Néva,

    J'ai reconnu quelques fantômes

    Qui semblaient tous me chanter va,

    Enterre ici tes hématomes...

    Sur ton air de bossanova ?

     

    Cet air que tu sifflais sans cesse

    Hante aujourd'hui tout le quartier ;

    Que Pleyel fasse sa princesse

    Ou jure comme un charretier,

    Je n'ai peur d'aucune bassesse !

     

    Si Saint-Alexandre-Nevsky

    S'enivre à renfort de dorures,

    Moi, de bière en double whisky,

    Je dévale mes déchirures

    Comme une piste noire, au ski.

     

    Nos souvenirs sont des lanternes

    Qui me guident dans ce Paris

    Où je recharge mes citernes ;

    Au fond d'un verre, tu souris,

    Comme autrefois, Place des Ternes.

    11977

     

     

    [ *La Lorraine est le nom d'une brasserie parisienne située sur la Place des Ternes, dans le 8ème arrondissement, à la limite avec le 17ème ]

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