• Trebisacce

    La canicule calabraise,

    Sans pitié ni sobriété,

    Coffrait terre et mer dans sa gangue.

     

    L'azur au bout de son pinceau,

    Le ciel roulait un œil de braise

    À travers sa propriété.

     

    Sous une robe jaune mangue,

    À des lustres de mon berceau,

    Fin de l'enfance à l'âge treize.

     

    Autour du fruit mûr, hébété,

    Cœur tremblant mais loin d'être exsangue,

    Je tournoyais tel un cerceau.

     

    Stella me fit croquer sa fraise

    Au rouge vif gorgé d'été

    Le temps de m'enseigner la langue

    Qui déniaise un jour tout puceau.

    10806

     

    [ Le quatril est une forme fixe de poésie inventée par un poète blogueur dont vous pourrez découvrir, si le coeur vous en dit, les vers en cliquant ici ]

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 11 Février 2016 à 14:54

    Très joli : tendre, pudique, et en même temps très imagé ... J'aime beaucoup, merci.

    Loïc

      • Vendredi 12 Février 2016 à 00:27

        Bonsoir Loïc. Oui, la pudeur s'est imposée, pour parler de cet instant-là, les images ne manquent pas. La difficulté était de trouver les rimes et de faire tenir l'ensemble dans un...quatril ! Les formes fixes sont exigeantes... C'est moi qui te remercie. Bonne soirée.

        FP

    2
    Jeudi 11 Février 2016 à 16:22
    jill bill

    Bonjour Fabrice, après les amants de Vérone ceux de Trebisacce.... Les choses de la vie découvertes bien jeune, il s'en souviendra longtemps.... expérience qui marque tout à chacun ! Bien joli ce quatril, mot que j'apprends, merci, bises, jill

      • Vendredi 12 Février 2016 à 00:32

        Bonsoir Jill... Un peu moins jeune en ce qui me concerne, mais pour la rime, j'étais prêt à tout ! hahaha... Sinon, c'est vrai qu'on n'oublie pas (même si on ne passe pas son temps à y penser) ce mélange de trac et d'excitation de la première fois.

        Le quatril, une invention de Darius Hypérion yes, et ça m'a amusé d'en écrire un. Ce ne sera pas le dernier, je pense !

        Bises et merci. Belle nuit.

        FP

    3
    Jeudi 11 Février 2016 à 20:18

    c'est sérieux l' expérience poétique:elle guide les mots en beauté

    comme la première expérience  amoureuse  qui guidera toute la vie sentimentale du bon élève  sarcastic

      • Vendredi 12 Février 2016 à 00:36

        Bonsoir jamadrou ! ... À chacun ses expériences poétiques, j'aime me plier à des contraintes en ce domaine, si ça reste ludique et enrichissant.

        À chacun aussi ses expériences amoureuses, évidemment. Mais je ne dirai pas comment j'aime les miennes, hahaha... (ni si j'ai été bon élève - surtout qu'il ne me revient nullement d'en juger !)

        Belle soirée. Merci de ta lecture. Bises.

        FP

    4
    Jeudi 11 Février 2016 à 22:03

    Et bien, pour un premier essai, c'est une réussite !

    Jolie découverte.

      • Vendredi 12 Février 2016 à 00:38

        Bonsoir Darius, venant du maître inventeur du quatril, je ne peux que prendre le compliment non sans une certaine fierté... Merci. À bientôt !

        FP

    5
    Vendredi 12 Février 2016 à 01:27

    Bonjour Fabrice

    fort bien écrit sur un instant magique, qui n'arrive qu'une fois dans la vie

    pour te répondre, ton com est très juste, au début j'ai écris (mes pensées) ainsi il y a (femme, homme, ami, amour, mort) donc à suivre....lol

    Je te souhaite un très bon vendredi

    Nos amitiés bises

    René

      • Vendredi 12 Février 2016 à 12:52

        Bonjour René, eh oui, on n'y pense pas forcément, mais on n'est dépucelé(e) qu'une fois... Acte banal, certes, mais donc ô combien capital ! 

        Bon vendredi de même, bon weekend. Bises.

        FP

    6
    Vendredi 12 Février 2016 à 07:21

    c'est vraiment beau !

    tu es doué avec les mots

    bise

    je file dans le Jura 

    j'ai besoin de me reposer

      • Vendredi 12 Février 2016 à 12:52

        Merci Edwige. Et bon repos, bonnes vacances. Reviens-nous requinquée à bloc ! Bises.

        FP

    7
    Vendredi 12 Février 2016 à 07:42

    Déniaisé, comme si le pucelage était un fardeau de la vie, on ne parle pas d'amour mais on parle de baise. Et les sentiments sont de la foutaise

    Amicalement

    Claude

      • Vendredi 12 Février 2016 à 12:55

        Bonjour Claude... À la décharge du narrateur, je dois bien te répondre que...la première fois, ce n'est pas forcément une question de sentiments. J'ajoute également que la "baise" n'a rien de sale si les deux parties sont parfaitement consentantes pour cela. Enfin, une vie sans "dépucelage" , à mes yeux, c'est une vie dans laquelle il manque forcément quelque chose (j'assume de le dire et de le penser), et ce n'est pas à l'adolescent en quête d'apprentissage et de découverte que l'on va expliquer le contraire, il n'y croira pas ! 

        Bon vendredi à toi. 

        Amicalement,

        FP

    8
    Vendredi 12 Février 2016 à 10:24

    Bonjour,

    Voilà une belle expérience réussie.

    Ce n'est pas toujours évident quand on ajoute une contrainte. Bravo !

    Bonne journée

      • Vendredi 12 Février 2016 à 12:59

        Bonjour Rafaël. Non, pas évident, mais si jouissif (si je puis me permettre de m'exprimer ainsi)... Il est des contraintes qui élèvent, qui font même du bien, qui nourrissent... Sans doute quand il s'agit des contraintes choisies, contrairement à celles subies.

        Excellente journée, merci à toi.

        FP

    9
    Vendredi 12 Février 2016 à 14:07

    j'ai lu poème, commentaires et réponses....

    bon week end Fabrice

    bisous

      • Vendredi 12 Février 2016 à 16:59

        Merci donc, Danielle, d'avoir consacré un peu de ton temps à cela. Bises.

        FP

    10
    Vendredi 12 Février 2016 à 15:24

    William Shakespeare, dans Hamlet, fait chanter Orphelia :

     

     

     

    texte de William Shakespeare :

     

    To-morrow is Saint Valentine's day.

    All in the morning betime,

    And I a maid at your window,

    To be your Valentine.

    Then up he rose and donned his clo'es

    And dupped the chamber door,

    Let in the maid, that out a maid,

    Never departed more. traduction de Victor Hugo : 

     

    Bonjour ! c'est la Saint-Valentin.

    Tous sont levés de grand matin. 

    Me voici, vierge, à votre fenêtre,

    Pour être votre Valentine.

    Alors, il se leva et mit ses habits,

    Et ouvrit la porte de sa chambre ; 

    Et vierge elle y entra, 

    et puis jamais vierge elle n'en sortit. 

     

      • Vendredi 12 Février 2016 à 17:02

        Un contexte de circonstance... Mais la belle désirait tellement être sa Valentine qu'elle était prête pour cela, et ressortir vierge de cette chambre eût été pour elle l'aveu d'un échec... (non ? yes)...

        Merci pour cette référence.

        Bon weekend, bisous.

        FP

    11
    Vendredi 12 Février 2016 à 15:32

    Coucou Fabrice,

    Bravo pour ce quatril, forme que je n'ai jamais tenté en poésie et qui pourtant est très jolie.

    Les octo que tu aimes tant, sur 4 rimes avec double alternances!!! un vrai travail d’orfèvre!

    Je connais le site de Darius Hypérion car c'est sur ce site que j'allais pour repérer les diérèses sur son tableau mais j'avoue qu'il y a très longtemps que je ne suis allée lui rendre visite.

    Pour le fond, c'est toujours un grand moment pour un jeune garçon de franchir ce pas qu'il fera de lui un homme (enfin c'est ce qu'il croit)!! rires

    Bisous et belle journée à toi Fabrice

      • Vendredi 12 Février 2016 à 17:08

        Hello Patricia... Je suis tombé par hasard, à forces de clics, sur le blog de Darius Hypérion. Et c'est vrai que dans la liste des rubriques, le mot "quatril" a tout de suite attiré mon attention. Pas si simple que ça, même si j'affectionne l'octosyllabe, parce que c'est une forme assez courte, comme le sonnet, et plutôt très exigeante dans les règles. Mais l'envie d'essayer l'a emporté... 

        Quant à l'histoire ici contée, je dirai juste qu'on ne devient pas forcément un homme après avoir découvert le plaisir charnel... Sinon, bien des hommes seraient des hommes très tôt, or, force est de constater qu'on est plus susceptible de mettre une vie entière à atteindre la maturité qu'en simplement abandonnant son pucelage... 

        Allez, maintenant, c'est à toi de nous écrire ton quatril. J'ai vu qu'il était possible de le faire en alexandrins ! héhé... 

        Bisous, belle fin de journée, merci.

        FP

      • Samedi 13 Février 2016 à 10:58

        coucou Fabrice,

        Je ne te promets rien car j'ai déjà le pantoum à retravailler mais je vais essayer en alexandrins alors j'avais gardé les règles dans un coin de feuilles comme de quoi l'envie d'essayer est grande!!!

        Bises et belle journée à toi Fabrice

      • Samedi 13 Février 2016 à 15:35

        Coucou ! Eh oui, ça ne m'étonne pas que tu aies repéré le quatril, que l'envie d'en composer un y soit. Mais je suis d'accord, se mettre aux formes classiques, ça prend un peu plus de temps, ce n'est pas "juste" jeter des mots sur la page, il faut répondre à la technique et à ses contraintes, donc y penser sans cesse tout en écrivant. 

        Bises.À toi aussi, un très bon samedi.

        FP

    12
    Samedi 13 Février 2016 à 12:11

    Bonjour,

    J'ai effectivement écrit mes premiers quatrils en alexandrins, mais ce vers est beaucoup trop long pour rendre le glissement de la rime sensible. Après quelques essais de vers de tous les mètres, j'ai retenu l'octosyllabe.

    Un quatril c'est donc quatre quatrains d'octosyllabes écrits sur quatre rimes ABCD, les trois premiers quatrains étant répartis en tercets :

    ABC DAB CDA BCD ABCD

    Mes premiers quatrils ne comportaient pas le quatrain final, ajouté par un autre poète.

    La forme définitive "canonique" du quatril est donc en octosyllabes avec quatrain final.

    Pour les rimes, respecter l'alternance des genres, bien sûr ; les rimes assonantes sont interdites, sinon on a du mal à les repérer d'une strophe à l'autre ; préférer la rime riche, avec consonne d'appui.

    Voilà, quelques explications sur la forme et son histoire.

    Bon weekend

    Si cela vous intéresse, j'ai aussi mis au point une microballade. J'ai aussi fait quelques expériences sur les sizains, dont les griffures issues des contrerimes de Paul-Jean Toulet.

      • Samedi 13 Février 2016 à 15:33

        Bonjour, et merci, Darius, d'avoir effectivement détaillé les règles du quatril. Comme je l'ai dit, je préfère également l'octosyllabe pour cette forme, qui me paraît plus fluide, et c'est vrai, en y pensant, que les rimes étant un peu éloignées les unes des autres, plus les vers sont courts, mieux c'est. L'ajout du quatrain final est une bonne chose. 

        Je suis toujours intéressé par toutes les manières d'aborder la prosodie, aussi, je viendrai glaner des information sur votre blog régulièrement, je pense. Merci encore. Bon weekend.

        FP

    13
    Samedi 13 Février 2016 à 18:23

    accepter la difficile contrainte et nous parler librement du premier amour ... bel exercice !   magnifique réussite !

    amitié .

      • Samedi 13 Février 2016 à 22:21

        La contrainte n'empêche paradoxalement pas la liberté des mots pourtant enfermés dans un cadre étroit qui ne laisse que peu de possibilités. Merci Marie-Claude. Bises.

        FP

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