• Un jour ordinaire

    La voisine pavoise,

    Le fleuriste l'effleure...

    Antoinette les toise

    Grimaçant de bonne heure.

     

    La cousine cuisine,

    Le pompier fait des pompes...

    Mélusine, à l'usine,

    Traite des œufs de lompes.

     

    Le sommelier sommeille,

    L'infirmière s'affirme...

    Marcel, d'Aix à Marseille,

    Développe sa firme.

     

    Le patient s'impatiente,

    Le docteur l'endoctrine...

    Consuela, l'inconsciente,

    Exhibe sa poitrine.

     

    Le curé part en cure,

    Le maire chez sa mère...

    Clotaire se clôture

    Au fond d'une chimère.

     

    La voisine pavoise,

    Le gardien la regarde...

    Antoinette les toise

    Du haut de sa mansarde.

     

    L'aubergiste gamberge,

    L'ambulancière bulle...

    Jean-Marc, en marge, émerge ;

    Quel foutu noctambule !

     

    L'affairiste s'affaire,

    Le ministre minaude...

    La préfète préfère

    Se montrer plus finaude.

     

    Les élèves s'élèvent,

    La maîtresse les stresse...

    Arthur, Ève et Jean rêvent

    D'un moment de paresse.

     

    Le slameur se lamente,

    Le soûlard se soulage...

    La fermière fermente

    Sous sa cloche à fromage.

     

    La voisine pavoise,

    Le gendarme est son gendre...

    Antoinette les toise

    En les voyant descendre.

     

    Le poissonnier s'empoisse,

    Le primeur, lui, déprime...

    Et Françoise se froisse :

    Ce mois-ci, pas de prime !

     

    La banquière banquette,

    L'avocat vocalise...

    Jacques met sa jaquette

    Et se rend à l'église.

     

    La châtelaine chante,

    Le rabbin se rhabille...

    Macha, moche et méchante,

    Par monts, par vaux, babille.

     

    Le pigiste pigeonne,

    La racaille raquette...

    Patrick et sa patronne

    Jouent à loup et biquette.

     

    La voisine pavoise,

    Guy l'accoste en costume...

    Antoinette les toise,

    Comme elle en a coutume.

     

    Moi, j'arrose mes roses,

    Caresse mes carottes,

    Et m'impose des pauses

    Pour dormir dans mes bottes.

    11106

    « Quand j'aurai cent ansPas crétin, le Crépin ! »