• Un mal pour un bien

    Un mal pour un bien

     

     

    D'un soupir à peine étouffé

    Par un grondement de tonnerre,

    Phébus, pâlot, ébouriffé,

    Prend du recul, démissionnaire.

     

    Sur fond d'éclairs, un torrent d'eau

    S'en vient soudain doucher la Manche,

    Le ciel abaisse son rideau ;

    Tout est fermé, comme un dimanche.

     

    L'après-midi semble échoué

    Sur les orteils de la falaise,

    Tandis qu'un nuage troué

    Saigne sur la campagne anglaise.

     

    À bout de force, l'horizon

    Renonce à préserver sa ligne,

    Qui se rend à la trahison

    D'un été frileux et indigne.

     

    Devrais-je faiblir à mon tour 

    Devant ce déluge indocile,

    Et laisser vaciller ma tour ?

    Voilà qui serait trop facile !

     

    Je vais plutôt en profiter

    Pour nettoyer mes ecchymoses,

    Me laver, me désinfecter

    De nos amours désormais closes.

     

    Demain, je serai propre et neuf,

    Jeune oiseau sorti de son œuf.

    11286

     

     

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