• Vivement l'orage !

    Toi, qui passes sans me voir,

    Là, tout près de ma fenêtre,

    Tu joues avec ton pouvoir

    De séduction ; ton diamètre

    Fait le tour

    De la cour

    Qui se forme à tes chevilles...

    Tu mets de l'or aux guenilles !

     

    Toi, qui passes sans me voir,

    L’œil de feu, la main de braise,

    Va donc, va les émouvoir,

    Tant la rose que la fraise,

    Fais le tour

    De ta cour,

    Fort de ton aura solaire

    Que mon humeur ne tolère !

     

    Toi, qui passes sans me voir,

    Presque trop chaud d'arrogance,

    Jouis, car il va pleuvoir ;

    Un nuage manigance

    Son retour

    Sur la cour,

    Entends-le qui dit : recule,

    Saleté de canicule !

     

    Enfin, je pourrai sortir

    Mon pauvre cœur qui s'assèche,

    Et, ce soir, m'en repartir

    Chercher la lune à la fraîche !

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    « Messoye ou la vengeance silencieuseComprenne qui pourra ! »