• Xyloglossie de campagne

    Xyloglossie de campagne

     

     

    Regardez-le, décidément,

    Comme il trouve que ma parole

    Est bonne chair, soudainement,

    Pour le fond de sa casserole,

    Alors qu'hier elle n'était

    Qu'un ingrédient qu'il omettait !

     

    Il fut cinq ans, loin, sourd, aveugle,

    Voici qu'il vient obstinément

    Caresser la vache qui beugle,

    Et me jure, sincèrement,

    Avoir en main la clé – si rare –

    Du grand bonheur qu'il me prépare !

     

    Chasseur plus gourmand que gourmet,

    Il court après mon droit de vote,

    Rêvant d'un joli mois de mai

    À présenter à son despote

    Qui n'est nul autre, évidemment,

    Que son ego si performant.

     

    Me faut-il gober davantage

    Les discours que Saint-Valentin

    Me livre avec son paquetage

    Plein de sirop de baratin

    Que toute la xyloglossie

    De campagne d'un faux messie ?

     

    Quel mammifère stupéfiant

    Que le primate politique !

    Mâle ou femelle, il est confiant,

    Même aux limites de l'éthique,

    Car aucune révolution

    N'entraînera son extinction.

     

     

     

    Xyloglossie de campagne

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    [ un clic sur le logo au-dessus du texte pour des précisions quant à la consigne d'écriture ]

    « Ferréol, pêcheur d'elles »