• Zanzibar

    Un piano-bar

    Au fond d'une ruelle :

    Le Zanzibar,

    Étape rituelle

    Avant l'après-minuit...

     

    La chanteuse a l'âme qui jazze,

    Le pianiste a le swing au bout

    De ses doigts qui met en extase

    Des chats gris sobres et debout,

    Encore.

     

    Bientôt, Babar

    Est un éléphant rose ;

    Au Zanzibar,

    Je fume et je m'arrose

    Pour mieux tuer l'ennui...

     

    La chanteuse a la voix qui brûle,

    Le pianiste a la clé de sol

    Si dopée à la canicule

    Que tout, à l'instar de l'alcool,

    Se dore.

     

    Ce piano-bar,

    Chaque soir, me rappelle

    Qu'à Zanzibar,

    Toi, tu t'es fait la belle ;

    Ton absence me nuit...

     

    Qu'as-tu gardé de notre histoire ?

    Que reste-t-il de nos amours ?

    Face au bonheur ostentatoire

    Des autres s'écroulent mes tours,

    Encore.

     

    Vole Babar

    Tout rose, tout sourire...

    Que Zanzibar

    Est loin ! Cœur qui soupire...

    Je rentre, il est minuit.

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